Nationale 1 masculine : après la victoire du BCGO face à Boulogne (86-80)

Revue de presse DNA 15.10.17 – Article : Loïc SCHAEFFER // Photo : DNA – Jean-Christophe DORN 

Chef d’orchestre de Gries-Oberhoffen, le meneur de jeu espagnol Xavi Forcada n’a pas tardé à mettre l’Alsace à sa botte, grâce à ses passes lumineuses et à sa classe. Et en plus, il parle français.

Le caviar c’est cher. Mais avec Xavi Forcada on y a droit au moins une fois par match. Alley-oop , passes dans le dos ou entre les jambes de ses adversaires : avec le Barcelonais, le basket devient une œuvre d’art. Et attention, il est exigeant.
« Ce soir (vendredi) , j’ai loupé deux alley-oops », ronchonne-t-il après la victoire des siens contre Boulogne. Même lorsque l’artiste prend son pinceau pour dessiner une action qui figure dans le top 10 hebdomadaire, il a le triomphe modeste : « Avec des joueurs comme Demond (Watt) et Ludo (Negrobar) , j’ai juste à lancer la balle en l’air. »
Voilà comment on vous explique que tourner à plus de huit passes décisives par match en N1, c’est simple comme buenos dias. En réalité, le meneur de jeu catalan est un maestro sur le terrain, où il est aussi le relais privilégié de Ludovic Pouillart.

«Faire jouer les autres»

« Mon truc, c’est de faire jouer les autres. Ici à Gries, on joue avec du rythme et des pick-and-roll. Ça me permet de distribuer le jeu, d’autant qu’on a une bonne connexion tous ensemble. »
Hors du terrain aussi d’ailleurs la mayonnaise prend. Il faut dire qu’il a tout du mec sympa. Et si Xavi Forcada n’a pas encore troqué la pizza, qui lui rappelle ses racines du sud de l’Europe, pour la tarte flambée, il se sent très bien dans un pays qu’il a toujours voulu découvrir.
« Avec la France, on est voisins, c’est important de connaître cette culture et cette langue », explique-t-il dans un français exemplaire pour quelqu’un arrivé il y a deux mois et demi à peine.
Avec sa compagne et son compère Asier Zengotitabengoa, il s’efforce d’ailleurs de parler français le plus possible pour progresser. Pour le reste, le Catalan se sent en Alsace comme un poisson dans la Méditerranée. Lui, le natif de Barcelone, les régions à forte identité : ça le connaît. Les remous venus de Catalogne ces derniers jours l’affectent d’ailleurs particulièrement.

« Une si bonne ambiance »

« Mes parents ont voté dimanche dernier. Et je n’étais pas tranquille quand j’ai vu les affrontements avec la police », confie-t-il, lui qui espère que Madrid et Barcelone sauront « dialoguer » pour trouver une issue à cette crise.
À Gries, au royaume du vert, c’est au contraire un rêve bleu qu’il est en train de vivre. « Je n’ai jamais connu une équipe où il y avait une si bonne ambiance. Normalement, dans une équipe, il y a toujours un joueur un peu égoïste. Ici, pas du tout », glisse-t-il.
Vu la vista hors norme du numéro neuf du BCGO, il faudrait tout de même une sacrée dose de mauvaise foi pour se plaindre de ne pas toucher assez de ballons, non ?